"Nous voulons de la lumière, de l'air, des ventilateurs, des avions, des revendications ouvrières, de l'idéalisme, des moteurs, des cheminées d'usine, du sang, de la vitesse et du rêve dans notre art".
Menotti del Picchia

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Gabriella Scheer



Gabriella Scheer
actrice
Née à Rio , elle découvre le théâtre à Munich, travaille avec Lee STRASSBERG, joue des rôles de B. BRECHT, G. BÜCHNER, MAX FRISCH, DURRENMATT, R. QUENEAU, F. DOSTOÏEVSKI, elle participe au « Théâtre Invisible » avec Augusto BOAL. et joue au cinéma avec des réalisateurs comme Alain RESNAIS, Otar IOSSELIANI, Jacques BESNARD, Georges TRESSLER...
Aujourd'hui Gabriella créée plusieurs spectacles :
« Eclats de Femmes » , basé sur Machado de Assis, Cecília Meirelles et Clarice Lispector
« Le pêcher, une poule pardonnant Dieu », basé sur Clarice Lispector et Abel Neves
« Aller vers … » un spectacle de rimes et rythmes : Clarice Lispector, Manuel Bandeira, Cecília Meirelles, Vinícius de Moraes et Carlos Drummond de Andrade
« Une Personne »  d’après des textes de Clarice Lispector
Publication de : « Aller vers … » et « Scènes brésiliennes » par les éditions Les point sur les i

Tu fais ce choix de diffuser la culture littéraire brésilienne en France parce qu'elle est plutôt méconnue ?
Exactement ! L'idée m'est venue lors du Salon du Livre en 1998 consacré au Brésil.
J'ai découvert et re-découvert notre littérature si originale et universelle en raison de toutes les influences culturelles que nous avons et je me suis aperçue combien elle était méconnue. Comme je suis actrice je me suis dit que la diffusion de la littérature se passe aussi par la parole et non seulement par des livres et j'ai démarré mon projet : "Scènes brésiliennes". Même si maintenant par un clin d'oeil du destin je reviens au livre puisqu'il y a deux livres qui sont sorti avec les traductions et adaptations que j'ai fait pour la scène.
Les auteurs que tu choisis ne sont pas aussi célèbres que Paulo Coehlo...
Si j'ai choisi des auteurs moins connus que Paulo Coelho c'est pour cette raison même ; mais les auteurs avec lesquels je travaille sont très connus au Brésil,  au moins leurs nom est connu, même si tous ne sont pas lus.
Y a t'il des réactions attendues ou inattendues du public français envers le théâtre brésilien ?
Une remarque qui vient souvent est : "mais c'est comme ici !"  Les sentiments humains sont partout les mêmes et tout le monde peut se reconnaître dans l'amour, la haine, la jalousie, la soif du pouvoir, la générosité, l'avarice, la peur, etc. C'est le cadre extérieur qui fait la différence et donne la couleur locale à chaque histoire. On oublie en Europe souvent combien le Brésil est grande (16 fois la France) et qu'évidémment on ne peut pas parler de la culture brésilienne, mais des cultures.



Fais-tu du théâtre féminin, féministe ? 
Féminin, c'est sûr, du fait que je suis une femme ; même si je joue aussi des hommes sur scène !
Féministe dans le sens :  doctrine qui préconise l'extension des droits, du rôle de la femme dans la societé.
Mais je dirais plutôt que je fais du théâtre engagé.
Des cinq langues avec lesquelles tu joues, y a t'il un plaisir propre à chacune lorsque l'on est sur scène ?
Oui, tout à fait : mais je suis incapable de donner un nom à ce plaisir, je vais y réfléchir... C'est sûr que j'ai beaucoup de plaisir à jouer les auteurs dans leur langue originale, car parler une langue implique connaître la culture du pays et donne une compréhension supplémentaire à l'interprétation du texte.
Quand et pourquoi es-tu venue en Europe ?
Dans les années 70 mes parents ont pensé qu'une Dictature n'était pas la forme de régime qui leur convenait et comme mon père était de descendance allemande nous sommes aller vivre en Allemagne, où j'ai fait mes études à L'Ecole Dramatique. J'ai appris à parler l'allemand sans accent et j'ai débuté en langue allemande sur "les planches qui représentent le monde".
Comment te sens-tu carioca, aujourd'hui en Europe ?
En tant que EUROCARIOCA !